Une douleur pendant les rapports touche beaucoup de personnes, à un moment ou à un autre de leur vie. Le terme médical est la dyspareunie. Ce n'est pas rare, ce n'est pas dans la tête, et cela se prend en charge. Voici ce que ces douleurs peuvent signaler et à quel moment consulter, sans autodiagnostic ni recette miracle.
Une douleur pendant les rapports n'est jamais à banaliser
Commençons par le plus important. Un rapport ne devrait pas faire mal. Si c'est le cas, ce n'est ni une fatalité, ni quelque chose à endurer en silence, ni un manque d'envie qu'il faudrait corriger.
Beaucoup de personnes attendent des mois, parfois des années, avant d'en parler. Souvent parce qu'on leur a dit que c'était normal au début, ou après un accouchement, ou à la ménopause. La douleur est effectivement fréquente dans ces périodes, ce qui ne veut pas dire qu'il faut s'en accommoder.
Une douleur qui revient mérite un avis médical, au même titre qu'une douleur ailleurs dans le corps 🧐
À quoi ressemble cette douleur ?
La décrire précisément aide beaucoup le ou la professionnel.le que vous consulterez. Quelques repères utiles.
Le moment. À l'entrée, au moment de la pénétration, ou plus profondément pendant le rapport. Parfois seulement après, sous forme de brûlures ou de courbatures.
La nature. Brûlure, picotement, sensation de déchirure, de blocage, ou douleur sourde plus interne.
La constance. Systématique, ou seulement dans certaines positions, à certains moments du cycle, avec un.e partenaire et pas un.e autre.
Noter ces éléments avant le rendez-vous fait gagner un temps précieux, et évite d'avoir à tout reconstruire de mémoire sur le moment.
Les causes les plus fréquentes
Elles sont nombreuses, et c'est justement pour cela qu'un avis professionnel est nécessaire. Voici les principales, sans prétendre à l'exhaustivité.
Un manque de lubrification. C'est la cause la plus courante et la plus simple à corriger. Elle peut venir des variations hormonales, de la prise de certaines pilules, de l'allaitement, de la ménopause, du stress ou de la fatigue. Notre guide sur la sécheresse vaginale détaille le sujet, et pour la période de la ménopause l'article sur la sécheresse intime à la ménopause va plus loin.
Le vaginisme. Une contraction involontaire des muscles du périnée qui rend la pénétration difficile ou impossible. Ce n'est pas volontaire et cela se traite très bien avec un accompagnement adapté. Nous lui consacrons un article complet, qu'est-ce que le vaginisme, et un second pour savoir si on fait du vaginisme.
Une infection ou une inflammation. Mycose, cystite, vaginose ou IST provoquent des douleurs et des brûlures qui disparaissent avec le traitement adapté.
L'endométriose. Elle est souvent associée à des douleurs profondes pendant les rapports, en particulier avant les règles. Le diagnostic prend encore trop de temps en France, donc n'hésitez pas à en parler explicitement.
Une cause dermatologique. Certaines affections de la vulve provoquent des douleurs à l'entrée et nécessitent un avis spécialisé.
Une cicatrice. Après un accouchement ou une intervention, une cicatrice peut rester sensible plusieurs mois et bénéficier d'une prise en charge.
Cette liste n'est pas un outil de diagnostic. Elle sert à vous montrer que les causes possibles sont variées, et qu'aucune ne se devine sans examen. Si les douleurs se répètent, consultez un.e professionnel.le de santé pour en identifier la cause.
Quand consulter, et qui
Consultez sans attendre si la douleur est intense, si elle s'accompagne de saignements, de fièvre, de pertes inhabituelles, ou si elle est apparue brutalement.
Prenez rendez-vous rapidement si la douleur revient à chaque rapport, si elle s'installe dans la durée, ou si elle vous conduit à éviter les rapports.
Côté interlocuteurs, un médecin généraliste, une sage-femme ou un.e gynécologue constituent la bonne porte d'entrée. Selon la cause, l'orientation peut ensuite se faire vers un.e kinésithérapeute spécialisé.e en rééducation périnéale, un.e dermatologue ou un.e sexologue.
Un mot sur l'accueil. Si l'on vous répond que c'est normal, que c'est psychologique, ou qu'il faut vous détendre, sans examen ni question précise, vous avez le droit de demander un second avis. Une douleur qui revient mérite d'être explorée.
Ce qui peut aider en attendant
Ces pistes ne remplacent pas une consultation, elles peuvent améliorer le confort le temps de trouver la cause.
Prendre plus de temps. L'excitation déclenche la lubrification naturelle, et beaucoup de douleurs d'entrée s'atténuent simplement en ralentissant.
Changer de position. Les douleurs profondes sont souvent liées à l'angle et à la profondeur, que certaines positions permettent de mieux contrôler.
Utiliser un lubrifiant. Quand la douleur vient d'un manque de lubrification, un lubrifiant naturel fluide à base d'eau apporte un vrai confort. C'est un coup de pouce, pas un traitement, et il ne fera pas disparaître une cause médicale.
Pouvoir dire stop. À tout moment, sans avoir à se justifier. Le consentement se vérifie tout au long du rapport, pas seulement au début.
En parler avec son ou sa partenaire
C'est souvent l'étape la plus redoutée, et pourtant celle qui change le plus de choses.
Le dire tôt évite les malentendus. Une personne qui ignore que son ou sa partenaire a mal peut interpréter l'évitement comme un désintérêt, ce qui ajoute une difficulté à une autre.
Formuler les choses simplement suffit. Décrire où et quand ça fait mal, dire qu'on cherche à comprendre, proposer d'explorer d'autres formes de plaisir en attendant. La sexualité ne se résume pas à la pénétration, et beaucoup de personnes découvrent à cette occasion des pratiques qui leur conviennent mieux 🗣️
Vos questions sur les douleurs pendant les rapports
Est-ce normal d'avoir mal pendant un rapport ?
C'est fréquent, mais ce n'est pas quelque chose à endurer. Une douleur qui se répète a une cause identifiable dans la grande majorité des cas, et mérite une consultation.
Qu'est-ce que la dyspareunie ?
C'est le terme médical qui désigne les douleurs génitales survenant pendant ou après un rapport. Il décrit un symptôme, pas une maladie précise, et recouvre donc des causes très différentes.
Un lubrifiant suffit-il à faire disparaître la douleur ?
Seulement si elle vient d'un manque de lubrification. Dans les autres cas, il améliore le confort sans traiter la cause. Si la douleur persiste malgré cela, consultez un.e professionnel.le de santé.
Pourquoi ai-je mal seulement dans certaines positions ?
Cela oriente souvent vers une douleur profonde, liée à l'angle ou à la profondeur de la pénétration. C'est une information utile à donner en consultation.
Les douleurs après un accouchement sont-elles inévitables ?
Elles sont fréquentes dans les premiers temps et s'atténuent le plus souvent. Si elles s'installent, une rééducation périnéale ou un avis spécialisé apportent des solutions concrètes. Rien ne vous oblige à reprendre les rapports avant de vous sentir prêt.e.
Avoir mal pendant un rapport est bien plus répandu qu'on ne le croit, et bien mieux pris en charge qu'on ne l'imagine. Le plus difficile reste souvent d'en parler la première fois, à un.e professionnel.le comme à son ou sa partenaire. Une fois cette étape franchie, les solutions existent et elles fonctionnent 👌
Autrice : Léa Fontaine