Marion, 37 ans, 3 enfants. Mariée depuis 8 ans.

Je crois que le dégoût que j’avais pour moi et pour mon corps depuis l’enfance ne m’a pas été favorable dans ma quête du plaisir solitaire.
J’en garde encore quelques séquelles d’ailleurs, à 37 ans aujourd’hui. 

Certaines personnes sont capables de vous dire qu’elles se masturbent depuis l’enfance, des souvenirs de premiers émois dans leur lit d’enfant, allongée sur le ventre et la main sur le pubis. Moi non.
Je n’ai connu le plaisir solitaire qu’après celui en couple, quelques années après même. 

Je me rappelle des moqueries d’un adolescent que j’avais rencontré à 16 ans, il en avait 17 et se prenait pour Don Juan, parce que je lui avais confié que je ne m’étais jamais caressée. Le pire c’est que sa bêtise et son immaturité auront longuement eu raison de ma confiance en moi sur le fait d’être normale, tout simplement, tellement il m’avait prise pour une idiote ce jour-là. 

Je n’étais pas prête pour ça du haut de mes 16 ans, ni pour des relations sexuelles à deux, ni pour découvrir mon corps. De toute façon je me détestais, je n’avais vraiment pas envie de me regarder nue, de voir à quoi mon entre-jambe ressemblait, et surtout pas envie d’y mettre la main.


Note à soi-même :

ll n’y a aucune obligation à la masturbation, ni enfant, ni ado, ni adulte, c’est un désir personnel, une envie de découvrir son corps ou des sensations inconnues. Et aucune honte à ne pas en ressentir le besoin ou le désir. 

Pourtant, le sexe théorique n’avait pas beaucoup de secrets pour moi :

amatrice de films X depuis mes 11 ans, chez des copines, les cassettes vidéos de leurs frères ou leurs parents inexistantes chez moi, et les récits des expériences de mes copines. Je savais tout ce qui pouvait se passer dans un lit, ou ailleurs, entre deux personnes. Mais tout cela me faisait peur à vrai dire, autant que cela me donnait envie

Je n’ai donné ma virginité qu’à 21 ans à celui que j’avais choisi et tout s’était bien passé. J’aimais le sexe à deux mais je n’étais pas épanouie dedans. Le fait de faire l’amour me faisait simplement me sentir normale, comme les autres. J’ai eu ensuite au moins 4 partenaires avant de passer à une sexualité vraiment égocentrée.

J’avais 23 ans lorsque j’ai acheté cette revue pornographique parce qu’elle donnait un vibromasseur en cadeau. Si j’avais su à quel point ce petit objet allait être libérateur pour moi, sans doute aurais-je investi plus tôt !

J’ai vraiment découvert l’orgasme absolu avec ce vibro

Il m’a mise dans des états que je ne connaissais pas, une perte de contrôle délicieuse à laquelle je suis devenue accro. Cela ne remplaçait pas un partenaire, c’était autre chose, plus puissant, plus automatique, presque mécanique pour moi.


Aussi, lorsque ce petit jouet m’a lâchée environ 3 ans plus tard, j’étais la plus malheureuse du monde, jusqu’à ce que je me rende compte que mon esprit allait alors s’ouvrir vers plein d’autres jouets du même type en franchissant la porte d’une enseigne bien connue d’anti-sexshop pour remplacer mon précieux.

Et je me suis aperçue il y a quelques années qu’en fait, je n'atteint l’orgasme en solo qu’aidée d’un vibro, jamais avec mes doigts. De ce fait je ne me masturbe plus avec ma main, toujours avec des jouets, avec eux je suis certaine de parvenir à la jouissance en quelques secondes parfois, sinon minutes. Bien sûr on ne parle là que de la sexualité que j’aie avec moi-même.

Aussi, je pense qu’il ne faut pas minimiser l’importance des vibromasseurs dans le cadre d’une sexualité libérée ou même d’un bien être sexuel tout court.

On a un droit à la santé physique, mentale, mais aussi sexuelle.

Je sais que mon épanouissement personnel est complètement lié à mon épanouissement sexuel, et je suis fière et heureuse à ce jour de pouvoir dire que je suis  bien dans mes pompes, que je me trouve belle et femme, épanouie. Et c’est grâce à la masturbation entre autre, mais en grande partie.


Après tout, la nature a doté les personnes à vulve d’un clitoris, organe uniquement dédié au plaisir, alors si ce n’est pas parce qu’il est important d’avoir le plaisir des caresses et de la masturbation, alors je n’ai rien compris 😉

Mais vous savez comme moi que la nature peut être cruelle mais qu’elle est bien faite. Je suis certaine de ne pas être la seule personne qui, à 20 ans, ne connaissait pas sa vulve, ce qui est triste, et j’aimerais pouvoir leur conseiller, si elles ne souhaitent pas se toucher avec les doigts pour toute sorte de raison, de s’aider d’un vibromasseur.

Il n’est pas réservé qu’aux célibataires non plus ; même très heureuse dans notre sexualité de couple nous pouvons ressentir de besoin d’une vie intime solo, et c’est un droit, on l’oublie trop souvent.


C’est dommage que la société trouve normal que les personnes à pénis se masturbent mais soit choquée qu’une personne à vulve le fasse. 


Bravo à Marion pour ton superbe témoignage sur l’épanouissement sexuel !



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